Un outil puissant — sous-utilisé pour la vulnérabilité adulte
La Convention Territoriale Globale est une démarche partenariale entre la CAF, la collectivité locale et d'autres acteurs territoriaux. Elle remplace progressivement les anciens contrats enfance-jeunesse. Elle est confirmée par la COG 2023-2027 entre l'État et la CNAF comme l'instrument central de la politique sociale de territoire.
Sa philosophie est claire : construire une politique sociale cohérente à partir d'un diagnostic partagé des besoins des habitants, en mobilisant les ressources locales et en cofinançant des actions qui ne relèvent pas des dispositifs de droit commun.
Sur le papier, la CTG couvre un large spectre. En pratique, l'axe solidarité — qui inclut explicitement l'autonomie et le handicap — est massivement sous-utilisé. Les collectivités mobilisent la CTG pour la crèche, l'accueil périscolaire, les centres sociaux, les séjours jeunesse. Rarement pour organiser la solidarité autour des personnes vulnérables adultes.
| Domaine | Usage CTG actuel | Potentiel inexploité |
|---|---|---|
| Petite enfance | Massivement financé — cœur historique de la CTG | Mature |
| Jeunesse | Bien couvert — ALSH, séjours, animation | Mature |
| Parentalité | En développement — LAEP, soutien aux familles | Partiel |
| Insertion / autonomie | Présent dans les textes, marginal dans les budgets | Fort |
| Handicap adulte | Quasi absent des CTG signées | Majeur |
| Vieillissement / aidants | Quasi absent des CTG signées | Majeur et urgent |
| Mobilisation de volontaires | Non formalisé dans aucune CTG connue | Pionnier et possible |
Des personnes réelles autour
de chaque situation vulnérable
Le problème que les CTG actuelles ne traitent pas est pourtant documenté et massif. Les personnes handicapées adultes, les personnes vieillissantes, leurs aidants épuisés — ils existent dans chaque territoire. Ils ont des dispositifs institutionnels autour d'eux. Ce qu'ils n'ont pas, c'est un cercle de personnes physiques qui les connaissent vraiment, les défendent, s'occupent activement de leur situation et s'y investissent dans la durée.
La CTG peut être cette forme. Elle dispose de l'architecture partenariale, du cadre de financement, de la légitimité territoriale et de la souplesse d'ingénierie nécessaires pour organiser ce qui n'existe pas encore : une campagne structurée de mobilisation de volontaires — bénévoles et professionnels — prêts à lever la main pour devenir acteurs d'un cercle de confiance autour d'une personne vulnérable.
Une campagne territoriale
d'engagement solidaire
L'idée est simple. Dans le cadre d'une CTG enrichie sur l'axe solidarité, une collectivité — commune, EPCI, ou département en lien avec la CeA — lance une campagne en trois temps.
Lever la main — rejoindre un cercle
- 1 Appel au volontariat. Une campagne de communication territoriale invite toute personne — retraitée, active, professionnelle de santé, voisin, ancien collègue — à signifier sa disponibilité pour rejoindre un cercle de confiance autour d'une personne vulnérable. Pas un engagement contraignant. Un geste : lever la main. Dire "je peux être là".
- 2 Recueil structuré des disponibilités. Les volontaires renseignent leur profil — compétences, disponibilité, type d'engagement souhaité — via un dispositif simple. Le protocole RETO développé par DEDIĈI propose un cadre numérique pour rendre ces profils trouvables sans les exposer inutilement.
- 3 Mise en relation et soutien. Des coordinateurs territoriaux — financés par la CTG — identifient les situations qui ont besoin d'un cercle renforcé, contactent les volontaires disponibles, et soutiennent la constitution et le maintien du cercle dans la durée.
Ingénierie de diagnostic : repérage des situations isolées, cartographie des besoins réels sur le territoire — une ligne finançable dès la première année de CTG.
Postes de coordination : des chargés de mission dont la fonction explicite est de constituer et maintenir des cercles de confiance. La CTG finance des postes de "chargé de coopération" — c'est exactement ce rôle.
Formation des volontaires : la CTG finance la formation BAFA/BAFD pour la jeunesse — elle peut financer une formation équivalente pour les volontaires de la solidarité adulte.
Communication et mobilisation : campagnes locales, événements de rencontre, outils numériques de mise en relation — tous finançables dans le cadre de l'animation de la vie sociale.
Trois convergences
qui rendent l'action urgente
Le renouvellement des CTG. De nombreuses collectivités signent en 2026 des CTG pour la période 2026-2030. C'est le moment d'inscrire l'axe vulnérabilité adulte dès la négociation initiale — pas dans un avenant dans trois ans.
Le déploiement du SPDA. Le Service Public Départemental de l'Autonomie se déploie en 2026. CTG et SPDA sont deux instruments complémentaires — l'un porte la contractualisation locale, l'autre la coordination départementale. Les articuler autour de la mobilisation de volontaires est une opportunité rare.
Le mur démographique. Les aidants vieillissent. Les personnes handicapées dont les parents disparaissent se retrouvent sans cercle organisé. Chaque CTG signée sans axe vulnérabilité adulte est une fenêtre fermée pour cinq ans.
CAF.fr — Convention Territoriale Globale, présentation générale et modalités 2026-2030 · COG 2023-2027 CNAF-État · CTG Cauvaldor 2022-2026 · CTG Sarrebourg Moselle Sud 2021-2025 · CTG Noyarey 2026-2030 · AdmisConcours, "La CTG, outil de partenariat entre collectivités et CAF", mars 2026 · CAF Bas-Rhin — CTG et partenariat CeA (caf.fr).
DEDIĈI — Corpus complet CC0 : dedici.org · Protocole RETO, DOI 10.5281/zenodo.18667410 · "Protection de tous les temps" (mars 2026).
Collectivité Européenne d'Alsace — Budget Primitif 2026, stratégie "Bien vieillir en Alsace 2025-2030" (alsace.eu).
Statut — Note indépendante. L'auteur signe sous un nom de plume. Aucun lien institutionnel avec la CAF, la CeA ni avec DEDIĈI. Document libre de droit · CC0.